Tribunes d'expression

Tribunes d'expression

La tribune est une expression politique prévue par les textes officiels et qui paraît dans le mensuel d'information du Conseil général de la Côte-d'Or.

Pour un revenu de base face à la crise du COVID-19 !

Aujourd’hui, alors que la crise sanitaire du Covid-19 évolue chaque jour un peu plus en une crise économique mondiale, poussant nos systèmes de solidarité dans leurs retranchements, le revenu de base apparaît dans toute l’Europe comme une solution pour amortir le choc social qui risque de faire basculer nombre de nos concitoyens dans la précarité.

Nous proposons d’avancer avec pragmatisme pour lutter contre la pauvreté. Nous souhaitons pouvoir mettre en oeuvre un revenu de base
- sans contrepartie mais avec un accompagnement renforcé,
- automatique pour résoudre le problème du non recours aux droits,
- ouvert dès 18 ans pour lutter contre la précarité des plus jeunes,
- dégressif en fonction des revenus d’activité
- et d’un montant égal au seuil de pauvreté.

Pour les allocataires du revenu de solidarité active (RSA), alors qu’elles étaient controversées il y a un an, certaines de ces mesures ont déjà été prises au niveau national.

Nous appelons le gouvernement à aller plus loin et à mettre en oeuvre l’ensemble du dispositif de manière immédiate, pérenne et soutenable
financièrement pour répondre aux besoins de long terme de la population.

Avec les 19 présidents de Conseils départementaux signataires de cet appel, nous demandons qu’à son tour le Département de la Côte-d’Or s’engage pour qu’un nouveau pacte social fonde le monde d’après crise du Covid-19.

Tribune publiée dans l'édition de juin 2020 du magazine départemental.


Tirer les leçons de la crise et agir

Nous ne savons pas dans quelle situation nous serons quand cette tribune paraîtra mais à l’heure où nous écrivons ce texte, la situation nous préoccupe. Les priorités budgétaires d’hier ont des conséquences graves aujourd’hui. Les enjeux sanitaires mettent en lumière le rôle du Département indispensable pour les personnes âgées, les personnes de situation de handicap, la protection de l’enfance, les établissements et familles d’accueil, ainsi que les mineurs non-accompagnés et les collégiens.

Vigilants sur tous ces sujets, nous avons transmis les situations qui nous ont été signalées à l’ARS et au Président du Conseil départemental. Le 9 avril 2020, il reste encore du matériel de protection sanitaire à distribuer et des solutions à trouver, notamment en matière de circuits courts pour les producteurs locaux et d’ordinateurs pour les enfants qui dépendent de l’ASE.

Nous savons les services du département mobilisés. Nous saluons particulièrement le dévouement admirable et exceptionnel des personnels médico-sociaux qui font un travail remarquable. Qu’ils en soient chaleureusement remerciés.

Hier, nous demandions en vain plus de moyens pour les EHPAD, les pompiers, les services de santé, et les services sociaux (aide sociale
à l’enfance,…). Pendant le confinement, des manques de personnel, de formation, de turnover dans les équipes, de coordination sont apparus cruellement.

Il faut au plus tôt tirer les leçons de cette catastrophe sanitaire, sociale et économique et construire de nouvelles réponses en veillant à ce
que les plus vulnérables ne soient pas oubliés. Après cette terrible épreuve, l’Etat et le département devront être à la hauteur des enjeux qui s’imposent à nous.

 

Tribune publiée dans l'édition de mai 2020 du magazine départemental de la Côte-d'Or.


Avertissement aux lecteurs. Pour ce numéro d'avril 2020, le magazine départemental est uniquement numérique. La tribune de notre groupe y est publiée comme elle nous a été demandée début mars dernier, avant le confinement instauré pour lutter contre la pandémie de Covid-19.


Cantines scolaires : les prix montent, la fréquentation baisse

 

En session de février 2020, la majorité a décidé une nouvelle augmentation du tarif de la restauration scolaire des collèges. Elle s’ajoute à l’augmentation décidée lors du passage à la tarification unique en avril 2019 : elle était passée de 3,27€ (prix au forfait) à 3,70€ (prix à la prestation). En février 2020, nouvelle hausse de 3,70 à 3,74 €. Soit + 65 € en deux ans (+ 14 %) pour 139 repas par an !!

L’abandon de la facturation au forfait a entrainé, entre septembre 2019 et juillet 2020, une baisse de la fréquentation dans 14 des 47 collèges ! Malgré nos questions, aucune explication n’a été donnée à ce constat, qui mériterait pourtant d’être précisé, autant que l’augmentation constatée dans seulement 8 collèges. Lesquels ? Où ? Quels élèves ? La droite est toujours prompte à décider de faire payer, sans autre information.

Nous avons voté contre cette nouvelle augmentation comme l’année dernière. En effet, nous défendons qu’il est plus juste d’appliquer une
tarification proportionnée aux facultés contributives des parents. Depuis, la commission des lois de l’Assemblée nationale a proposé qu’au moins 3 tranches soient créées dans toutes les restaurations scolaires des collectivités de France, en fixant deux critères : les familles aux revenus les plus élevés auraient à payer le prix de revient complet du repas, les familles aux revenus les plus faibles, moins d’un euro par repas !

Enfin, concernant la part de produits locaux de qualité dans la fabrication de ces repas, la majorité se réjouit d’atteindre seulement 22,16 % en 2020. Nous défendons de soutenir un effort plus volontariste pour porter à au moins 50% cette part, dont 20% de bio, comme c’est l’objectif prévu par la loi pour 2022.

 

Tribune publiée dans le numéro d'avril 2020 du magazine départemental de la Côte-d'Or
Image par Matthias Böckel de Pixabay

 


La protection de l'enfance... en danger

Suite à la diffusion d’un reportage télévisé sur M6 dénonçant des manquements graves dans la protection de l’enfance en Côte-d’Or, nous avons demandé la tenue d’une session extraordinaire. Cette session, normalement publique et retransmise en direct, ce qui n’a pas été le cas, s’est tenue le lundi 3 février.

Après avoir fermé unilatéralement le service de Prévention spécialisée, l’instauration des Contrats Pluriannuels d’Objectifs et de Moyens (CPOM) avec les associations de protection de l’enfance n’a fait que diminuer les crédits dédiés. Comment le Conseil départemental peut-il assumer convenablement la protection de l’enfance en asséchant les moyens financiers des associations ?

Par ailleurs, la baisse du nombre de mesures en milieu ouvert financées (800 en 2011 à 730 en 2019) implique un allongement des délais de mise en oeuvre au cours de laquelle la situation de l’enfant se dégrade. Au 31 janvier 2020, 188 enfants étaient en liste d’attente. Pourquoi autant d’enfants en attente ?

Pourquoi le Conseil départemental a supprimé les éducateurs « fil rouge » qui assuraient le suivi individuel des enfants en établissement ou en famille d’accueil ? Le nombre de contrats jeune majeur signés en Côte-d’Or est passé de 170 en 2013 à 81 en 2017. Pourquoi cette baisse si importante ?

Enfin, les contrôles des établissements se sont avérés défaillants. Aussi, nous avons demandé au Président de nous donner des précisions sur le nombre de contrôles effectués dans ces établissements.

A toutes ces légitimes questions, le Président nous a répondu que tout allait bien en Côte-d’Or ! Ce n’est hélas pas ce que disent les très nombreux témoignages que nous avons recueillis...
 

Tribune publiée dans l'édition de mars 2010 du magazine départemental.


Pour une politique de l’eau cohérente !

A la session du 25 novembre, notre groupe n’a pas pris part au vote pour la proposition de stratégie départementale de l’eau.

La production et la distribution d’eau potable sont du ressort des communes et de leurs groupements. Rédiger une stratégie départementale sans concertation préalable avec elles est inconcevable. Nous dénonçons l’absence de travail préparatoire au Conseil départemental. Par le passé, une concertation avait permis des avancées significatives. Tout ce travail est balayé aujourd’hui.

La préservation des ressources et la limitation de l’étalement urbain sont autant de sujets que le département ne prend pas en compte dans sa nouvelle stratégie. Par exemple, la métropole limite la consommation de terres agricoles, sur son territoire et dans le SCOT, et alimente par ailleurs en eau potable plus de 300 000 côte-d’oriens (57% de la population). C’est une stratégie vertueuse pour l’environnement.

Sous la présidence de Louis De Broissia, de multiples études ont été réalisées sur le site des Maillys pour chercher de nouvelles ressources en eau. Le résultat est sans appel : prélever de l’eau aux Maillys entraîne un surcoût de +2,30 €/m3. Aujourd’hui, le Conseil départemental souhaite y lancer des travaux, ce n’est pas sérieux ! Le pouvoir d’achat des côte-d’oriens ne pourra pas supporter cette hausse.

La question de la préservation des ressources et de leur qualité nécessite une approche cohérente. Abandonner des ressources dégradées pour en utiliser d’autres n’est plus envisageable : il faut d’abord les protéger efficacement.

L’eau ne doit être un sujet réduit à des déclarations d’intention ou une nouvelle étape d’une opposition entre le département et la métropole, les mairies et les intercommunalités.

 

Tribune publiée dans l'édition de janvier 2020 du magazine départemental de la Côte-d'Or.


Aménagement numérique : un rendez-vous avec notre avenir !

Avec le déploiement du numérique, la majorité serait bien inspirée de faire preuve de prudence, et de moins d’indécence éhontée !

Dès 2013, le département s’est engagé sur cette voie à l’unanimité ! Mais dès cette époque, les effets de manche et de (très) gros efforts de communication ont largement surestimé son rôle. Aujourd’hui les choses sont plus précises : la charge nette pour le département sera de 67 M€, soit 49,5% du coût total du déploiement en Côte-d’Or en tenant compte des autres contributions financières (de l’Union européenne, de l’Etat, de la Région Bourgogne Franche-Comté et des autres collectivités locales) ! Et sans retirer les remboursements de TVA que le département recevra de l’Etat suite à ses investissements.

Annoncer en 2015 un total de 220 M€ par exemple et que le département allait faire un effort exceptionnel était donc … osé ! En réalité, s’il y a bien un effort ambitieux, il est pluriannuel et tout à fait à la portée des finances départementales : 67M€, c’est l’équivalent du coût de 67 km de routes neuves alors que la Côte-d’Or en compte un total de 5800 km !

Le projet départemental a reçu des soutiens en raison de la concordance et la complémentarité des différents acteurs locaux ! Nous nous en félicitons et le soutiendrons encore. Et ce n’est pas une raison pour glorifier un seul et unique acteur : le rendez-vous pris l’est avec notre avenir collectif ! Le déploiement numérique doit rester une chance pour le développement à venir des territoires et ne doit en aucun cas être un prétexte pour de nouvelles économies dans le fonctionnement des services publics présents sur le terrain.
 

Tribune publiée dans l'édition de décembre 2019 du magazine départemental.
Image d'illustration pour ce site par Bruno Glätsch de Pixabay


SDIS : une situation alarmante !

Depuis plusieurs années, nous proposons de desserrer les contraintes budgétaires que la majorité fait peser sur les moyens budgétaires des sapeurs-pompiers. Et alors que depuis plusieurs mois, les pompiers, professionnels ou volontaires, se mobilisent largement en Côte-d’Or pour alerter sur leurs difficultés, la majorité de droite se retrouve au pied du mur.

Attendues, les conclusions d’une inspection menée en février 2019 par la Direction nationale de la sécurité civile ne sont pas rendues publiques. Le seront-elles un jour ? Une synthèse diffusée aux membres du Conseil d’administration conclut que “la politique budgétaire de réductions d’effectifs dans plusieurs services fonctionnels et opérationnels et la difficulté à pourvoir les postes vacants entrainent une situation des ressources humaines préoccupantes.”

En réponse, plusieurs recrutements sont annoncés à compter de 2020 qui ne satisfont pourtant pas tous les besoins. Le calendrier en particulier pourrait être plus rapide. Or c’est depuis 2015 que nous défendons des crédits supplémentaires,… 2015-2020, que de temps perdu ! Il nous avait même été répondu lors de la discussion du BP 2016 que si le SDIS recevait des moyens supplémentaires, il ne saurait pas quoi en faire selon le président du SDIS d’alors… Les Côte-d’oriens apprécieront la pertinence de tels propos !

C’est dès aujourd’hui que le département peut augmenter sa participation pour que les moyens nécessaires soient bel et bien accordés au bon fonctionnement opérationnel des services de secours et d’incendie. Nous nous opposons à la dégradation du service public. Le SDIS n’est en effet pas le seul à avoir été livré aux logiques comptable et gestionnaire, en faisant fi des bénéfices incalculables mais bien réels des services publics.

 

Tribune publiée dans l'édition de novembre 2019 du magazine départemental de la Côte-d'Or.


Attribution de subvention : « le fait du Prince »

Le Président du Conseil départemental a décidé unilatéralement cette année de supprimer les subventions accordées à deux structures culturelles majeures : l’Opéra et La Vapeur, à Dijon, qui deviendra ainsi la seule scène de musique actuelle de Bourgogne-Franche-Comté à ne pas être soutenue par son département.

C’est une décision brutale et regrettable notamment pour les 4 772 collégiens qui y ont été accueillis ces 3 dernières années, mais aussi pour tous les habitants du département qui aiment aller au spectacle à Dijon. C’est grâce à ces subventions que les places sont accessibles au plus grand nombre. Si nous nous félicitons que les théâtres de Chatillon et Semur ne connaissent pas le même sort, cette décision marque une rupture d’égalité territoriale entre les différents publics devant l’accès à la culture.

Par ailleurs, tous les Conseillers départementaux disposent du Fonds d’Aide à la Vie Associative (FAVA) pour aider financièrement les associations que les bénévoles font vivre chaque jour avec dévouement et passion. Pour la première fois et de manière inédite depuis la création de ce fonds en 1981, le Président a refusé l’inscription d’une subvention à une association au motif que celle-ci n’est pas en accord avec sa politique. Il s’agit d’une ingérence inadmissible dans le fonctionnement du FAVA, d’un déni de démocratie envers des élus au suffrage universel et d’une remise en cause profonde de l’autonomie des associations.

Ces deux exemples illustrent une nouvelle fois les dérives et la gouvernance autoritaire de son Président. Le fait du Prince ne peut être la règle dans une démocratie républicaine. Sa majorité de droite, qui acquiesce en silence, porte une lourde responsabilité en le laissant faire.

 

Tribune publiée dans l'édition d'octobre 2019 du magazine départemental.


Aéroports de Paris : signons pour le référendum !

Les Aéroports de Paris (ADP) sont des acteurs économiques majeurs avec près de 600 000 emplois directs et indirects, soit 2,2% de l’emploi en France et 1,4% du PIB. Outil majeur pour la transition écologique, frontière principale de la France, ils représentent un domaine foncier de près de 7 000 hectares.

Le Gouvernement a décidé de vendre ce bien commun à des entreprises privées et de perdre la main en terme d’aménagement du territoire pour le seul profit de promoteurs immobiliers. Pourquoi vendre une entreprise publique dont le chiffre d’affaires a augmenté de 70% et les bénéfices de 127% en 10 ans ? Pourquoi vendre une entreprise publique qui rapportera 185 millions d’euros à l’État en 2019 ?

Ce projet brade le patrimoine des Français à la puissance privée et réitère le scandale de la privatisation des autoroutes. À l’initiative des parlementaires socialistes, 248 sénateurs et députés de tous les partis politiques ont lancé la procédure de référendum d’initiative partagée pour faire d’ADP un service public national. Malgré les pressions du gouvernement, le Conseil constitutionnel a validé cette initiative historique.

C’est maintenant aux citoyens de transformer l’essai. Nous avons 9 mois pour recueillir le soutien de 4,7 millions de citoyennes et citoyens afin d’organiser le premier référendum d’initiative partagée de notre histoire ! C’est pourquoi, nous vous appelons à apporter votre soutien pour défendre la proposition de loi visant à affirmer le caractère de service public national de l’exploitation des aéroports de Paris.

Rendez-vous pour signer la pétition sur https://www.referendum.interieur.gouv.fr/soutien/etape-1

Tribune publiée dans l'édition de septembre 2019 du magazine départemental de la Côte-d'Or.
 


Non les services publics et les fonctionnaires ne sont pas des "charges" !

Après 85 000 suppressions sous le quinquennat de N. Sarkozy, 120 000 nouvelles suppressions étaient promises par E. Macron : les fonctionnaires et les services publics sont encore présentés comme une charge. Et faire mieux avec moins reste dangereux, à l’heure où les secteurs de la santé ou de la justice sont au bord de l’implosion faute de moyens.

Leur éloignement fait craindre pour la sécurité quand ferment les gendarmeries. On craint pour sa santé quand la maternité ou les urgences ne sont plus là. Leur réduction fait craindre pour l’éducation quand il s’agit d’enseignants. Pour la mobilité quand il s’agit de faire fonctionner des trains, des gares, ou entretenir les routes.

Pour nous, les services publics sont donc des investissements pour l’avenir. Si certains services, comme l’université, ne peuvent pas être partout, c’est beaucoup moins admissible pour des services publics de base : les établissements scolaires, de soin, les gendarmeries, les perceptions, les petites gares, etc…

A l’avenir, l’accès à certains services sera de plus en plus numérique. Et ce développement appelle à rester vigilants aux coûts financiers et humains. Rien ne sert de déshumaniser les relations entre usagers et services. La modernité technologique ne peut devenir un but en soi : c’est un simple instrument, à utiliser avec intelligence.

Selon une formule célèbre, les services publics sont le patrimoine de ceux qui n’en possèdent pas ! Ils attirent avec eux d’autres services au public. A ce titre, ils sont les garants de l’égalité des territoires. La présence locale des services publics doit devenir la priorité d’un aménageur du territoire digne de ce nom.

Tribune publiée dans l'édition de juillet-août 2019 du magazine départemental.


Pages

Pour nous contacter

03 80 27 39 90


Secrétariat du Groupe des Forces de Progrès du Conseil départemental de la Côte-d'Or
19 boulevard de Brosses
21000 DIJON
contact [arobase] forcesdeprogres.net
           


Aller en haut